Alors, par où commencer ?

Tout d'abord par la galère pour trouver ce stage. On appelles les entreprises, on envoie des lettres, on cherche encore et encore dans les pages jaunes et on recontacte. Et au final, on ne trouve rien, çà toujours été pareil pour moi. On se rend vite compte que la plupart des camarades on leur stage par piston, d'autres on un peu plus de chance, et les autres ben, il scrutent les annonces de l'IUT, ils vont voir les profs...Etc...

Moi, je n'ai trouvé mon stage qu'au dernier moment, sur une annonce envoyée à l'IUT, ou j'ai eu la chance d'être le premier à voir. A ce moment là, pas le temps de se dire si le sujet nous intéresse, on prend le stage.

Quand est-ce que les entreprises se décideront à prendre plus de stagiaires ? je ne sais pas. Il faudrais plutôt les en obliger , à mon avis. Pourtant il y a de bonnes raisons de prendre un stagiaire, car c'est tout de même moins coûteux.

Je ne dirais pas que le stagiaire est coûteux en temps par contre. Dans mon cas, l'encadrement a été tellement minime, qu'il est mieux de dire que je n'ai pas été encadré.

Bref, premier stage, première approche de mon métier en grandeur nature, première déception aussi.
Le Pôle "Méthodes et Moyens d'Essais" fait partie d'un des nombreux pôles de TAS. Et comme dans toutes les grandes entreprises travaillant dans le défense et sur des projets plus où moins confidentiels, on ne connait qu'une partie du travail.

Au final, on ne sais pas vraiment sur quoi on travaille, on ne fait qu'un petit bout d'un plus gros bout d'un projet inconnu.
Moi, j'ai été mis devant un PC pour faire un programme en C sous Linux Red Had. Heureusement, c'était du concret. J'ai donc commencer un logiciel qui devait piloter un générateur de signaux, via le bus GPIB. En fait il fallais trouver des commandes et les implémenter dans le logiciel. Tout çà sans cahier des charges.
Le truc c'est que c'était mon premier stage et que je ne connaissait pas grand chose aux méthodologies de travail. Mon tuteur n'était jamais là, personne pour m'encadrer. Bref, je n'était pas à l'aise. J'ai quand même réalisé un bon rapport et un excellent oral. Seule la note de stage n'était pas terrible. De toutes façons je me suis toujours dit que c'était de ma faute si mon stage avait été raté.

Qu'importes, je voulais redoubler et repartir sur de meilleures bases. Ma seconde deuxième année étant bien meilleure, je partait confiant. Après avoir tenté encore et encore de trouver un stage, j'ai finalemet appelé mon ancien tuteur, qui a accepté de me reprendre ( je me demande pourquoi d'ailleurs ).

On prend les mêmes, et on recommence.
Alors là çà été certainement pire en fait.

J'ai tout d'abord travaillé à la notice technique de cartes électroniques, forcément inconnues, et extrèmement complexes. Avec pour seul support un schéma électronique format A0. Mon tuteur ne m'a encore été d'aucune aide, à part me donner des documentations sur des composants programmables. Mais sans connaitre le programme.
Le "Reverse Engineering" qu'on appelle çà.

Au bout de plusieurs jours à me dire que je devrais pouvoir le faire, un collegue de boulot me dit " Va lui dire que c'est impossible, que tu ne peux pas le faire, même moi j'aurai beaucoup de mal ". Là, le déclic, enfin quelqu'un qui comprend que c'est quasiment impossible de faire ce qu'on me demande.
Je vais voir mon tuteur, qui ne comprend pas, mais accepte de passer à autre chose.
Je me retrouves devant ces mêmes cartes électroniques, mais en panne. Je doit trouver la panne et les réparer en m'aidant d'un oscilloscope, d'un analyseur de signaux et d'un fer à souder. Je me sens un peu mieux, je localise les pannes, change des résistances et teste tout çà. Mais mon tuteur me fait douter de mes réparations à de nombreuses reprises.

Bref, après celà, j'ai enfin un cahier des charges, car je vais programmer encore en C sous linux. Mais cette fois ce n'est plus du concret. J'ai en charge de faire le portage d'une application. Elle fonctionne en rack et sous système LST de Thalès, avec de vieilles cartes électroniques. Elle va devoir fonctionner avec un PC, avec un programme en C, et de nouvelles cartes électroniques. Mais à tout devoir deviner seul, car mon tuteur n'était jamais là dès que je voulais le voir, on fini par s'y perdre.

Bref, je fini mon stage, mon programme commence à fonctionner pas mal, mon tuteur me donne une note pas terrible. Je lui fait comprendre que c'est un peu de sa faute, car il n'était jamais là mais il n'a pas apprécié. Lui qui était toujours souriant et sympathique, est soudain devenu méprisant et sur la défensive.

Bilan : un pion inutile dans une trop grosse entreprise.

Mon rapport à été excellent, mon oral aussi. Mon tuteur devait venir, finalement non, et sans prévenir. Ce n'était pas plus mal. J'ai donc eu mon diplôme et la détermination de ne plus me laisser marcher sur les pieds et aussi d'éviter les trop grandes boîtes.